
Deuxième jour de la prise de seroplex, je note un changement notable. Normalement, quotidiennement il m'arrive de connaître des moments d'enthousiasme, je voudrais faire quelque chose, sortir. Je ne peux pas lutter contre ce moment ni accomplir son but donc je tente de dessiner, je m'allume une cigarette et ça passe, le sentiment est remplacé par un peu de tristesse, la cigarette est finie, le dessin ne va nulle part. Mais du fait du seroplex ce moment disparaît. Le seroplex renvoit à un état neutre. Bien sur que l'on peut rire sous anti-dépresseur, mais ce n'est pas la même chose que sans, il y a quelque chose de passif qui se forme, un éloignement à soi. C'est le but recherché : si l'on est incapable de répondre à un besoin il devient nécessaire de le supprimer.
Le marchand d'armes est passé, il a dit "les souffrances d'hier sont les souffrances d'aujourd'hui".
Huitième jour.
Je dors moins, je bande moins, je parle moins, je bois beaucoup moins. Je perds la mémoire immédiate et je fume deux fois plus.
Quand je marche dans la rue j'ai une furieuse envie de briser les vitrines des boutiques avec un maillet en gueulant "Vive l'Art ! Vive la peinture !" sous les rayons d'un soleil brûlant.
Je vais beaucoup mieux.
C'est mon quinzième jour. Le docteur Gut à l'air content pendant que je lui mens tranquillement : "Je me sens mieux". Je dis ça pour éviter l'hospitalisation, mais ça arrivera bien un jour. Ca promet d'être intéressant. Je vais voir un collègue à elle maintenant en plus ce qui me fait trois psychologues en même temps. J'ai un peu l'impression de les tromper, toujours avec une autre femme (bon dieu je veux des psys femmes très belles avec de gros seins et qui me font un peu de l'oeil). Mais je me sens bien comme ça, materné, cajolé par cet environnement bleu blanc noir, je n'ai plus trop de soucis à me faire, tout est payé. Ma vision du bonheur à seize ans c'était moi endormi sur un lit d'hopîtal avec une machine qui me fout toutes sortes de drogues dans le sang. Matrix m'a beaucoup parlé, c'est un très bon film. Je n'en suis pas loin. La ville est un cauchemard plein de klaxons avec des voitures sous la pluie et on compose dessus toutes sortes de danses compliqués et pleines d'ennui. Je me demande ce qui ce serait passé si je m'étais avoué devant Gut, si je m'étais mis à pleurer sans pouvoir m'arrêter, si je m'étais mis à me rouler en boule en gémissant "Je ne comprends rien à la vie ? C'est un jeu ?" sur le sol de son bureau. C'aurait été la fin je pense. Des types en blouse blanche, les visites de la famille triste mais toujours optimiste "Tu peux t'en sortir". On dit qu'après la dépression il y a la volonté, c'est pour ça qu'ils te donnnent les médocs : pour être volontaire, pour décider d'un projet, d'un programme, d'une conduite de vie. Bon dieu. Là il faudrait comprendre que ce n'est plus tellement moi le problème. On est un miroir pour les autres, loin mais si proche, nous vivons par la présence et seulement par la présence. Bon, et puis j'ai pris du poids et des boutons.
Le marchand d'armes est passé, il a dit "les souffrances d'hier sont les souffrances d'aujourd'hui".
Huitième jour.
Je dors moins, je bande moins, je parle moins, je bois beaucoup moins. Je perds la mémoire immédiate et je fume deux fois plus.
Quand je marche dans la rue j'ai une furieuse envie de briser les vitrines des boutiques avec un maillet en gueulant "Vive l'Art ! Vive la peinture !" sous les rayons d'un soleil brûlant.
Je vais beaucoup mieux.
C'est mon quinzième jour. Le docteur Gut à l'air content pendant que je lui mens tranquillement : "Je me sens mieux". Je dis ça pour éviter l'hospitalisation, mais ça arrivera bien un jour. Ca promet d'être intéressant. Je vais voir un collègue à elle maintenant en plus ce qui me fait trois psychologues en même temps. J'ai un peu l'impression de les tromper, toujours avec une autre femme (bon dieu je veux des psys femmes très belles avec de gros seins et qui me font un peu de l'oeil). Mais je me sens bien comme ça, materné, cajolé par cet environnement bleu blanc noir, je n'ai plus trop de soucis à me faire, tout est payé. Ma vision du bonheur à seize ans c'était moi endormi sur un lit d'hopîtal avec une machine qui me fout toutes sortes de drogues dans le sang. Matrix m'a beaucoup parlé, c'est un très bon film. Je n'en suis pas loin. La ville est un cauchemard plein de klaxons avec des voitures sous la pluie et on compose dessus toutes sortes de danses compliqués et pleines d'ennui. Je me demande ce qui ce serait passé si je m'étais avoué devant Gut, si je m'étais mis à pleurer sans pouvoir m'arrêter, si je m'étais mis à me rouler en boule en gémissant "Je ne comprends rien à la vie ? C'est un jeu ?" sur le sol de son bureau. C'aurait été la fin je pense. Des types en blouse blanche, les visites de la famille triste mais toujours optimiste "Tu peux t'en sortir". On dit qu'après la dépression il y a la volonté, c'est pour ça qu'ils te donnnent les médocs : pour être volontaire, pour décider d'un projet, d'un programme, d'une conduite de vie. Bon dieu. Là il faudrait comprendre que ce n'est plus tellement moi le problème. On est un miroir pour les autres, loin mais si proche, nous vivons par la présence et seulement par la présence. Bon, et puis j'ai pris du poids et des boutons.
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